Tda/h et Emploi
Comment le TDA/H s’exprime-t-il en emploi ? Comment favoriser des aménagements matériels et Humains permettant aux salariés avec TDA/H d’évoluer à équité des chances de leurs collègues ?
Cet article a été co-écrit par un petit groupe de personnes concernées par le TDA/H et motivées. Avec créativité, humour et auto-dérision, il vise à expliquer certains fonctionnements cognitifs des personnes avec TDA/H et à proposer des aménagements pour l’emploi. Tout au long des échanges, les personnes ont eu à cœur de veiller au confort des employeurs et salariés qui liraient cet article. Afin que neurotypie et neuro-atypie soient partenaires, et non pas rivaux.
Employeurs et entourage professionnel de personnes avec TDA/H : Piochez dans cette liste de propositions ce qui vous semble faisable et compatible avec les besoins de votre travail ! Et télécharger les fichiers PDF au besoin ! 🙂
Nous espérons que vous éprouverez du plaisir à lire ce travail collaboratif !
Dessins CANVA, par Framboise M.

Structure du texte : Une compétence cognitive… avec une question et son explication. S’ensuit les préconisations dans lesquelles piocher selon vos besoins.
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Le fonctionnement attentionnel
Le cerveau TDA/H a-t-il une mémoire de poisson rouge ?
La concentration et le fonctionnement attentionnel des personnes avec TDA/H sont atypiques. Leur attention fonctionne en tout-ou-rien. Selon les moments, elle est soit en hyperfocus (« je deviens ma tâche »), soit en distractibilité.
- Si l’info n’est pas au début, c’est foutu :
La façon dont les phrases et textes est construite compte pour les personnes avec TDA/H. Mettre l’information au début, sinon elle n’est pas perçue. Les paragraphes trop longs ne sont pas lus. Une idée claire doit tenir en trois lignes.
- Trop d’infos tuent l’info :
Perdu au milieu de 50 informations, le cerveau de la personne avec TDA/H aura du mal à saisir les données pertinentes. La confusion crée de l’incompréhension. Limiter les informations parasites permet d’éviter cette confusion et constitue une aide précise.
- Ne déconcentrez pas le TDA/H concentré :
Se reconcentrer est très coûteux pour les personnes avec TDA/H. Limiter les interruptions de tâche et de conversation… même si la personne avec TDA/H tend elle-même à vous couper. Oui, il y a un double-standard : ce n’est pas un manque de respect, les personnes avec TDA/H ont simplement besoin de garder le fil de leur concentration.
- Validez l’information mémorisée :
La saisie de l’information par le cerveau TDA/H est différente. Il y a une sélectivité. Si vous donnez rdv jeudi 12 à 16h dans votre bureau, la personne avec TDA/H peut retenir « rdv dans son bureau à 12h ». Pour un code d’accès, le schéma de tapotage sur le clavier peut être retenu sans que les chiffres ne soient connus. Faites reformuler pour vérifier la compréhension des informations importantes.
- Le bon outil limite les oublis :
Un outil de gestion de l’activité permet de transmettre une seule instruction à la fois et de séquencer les tâches : Check-list, Trello®, Notion®, etc.
- N’oubliez pas d’être tolérant avec les oublis :
Le TDA/H est un handicap. Il y aura des oublis, c’est ainsi !
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L’impulsivité
La personne avec TDA/H a-t-elle l’inhibition d’un enfant ?
Les personnes avec TDA/H peuvent avoir de l’impulsivité. Il s’agit d’un défaut d’inhibition cognitive, le cerveau a plus de mal à filtrer les informations, à jouer le rôle de garde-barrière (“ Ça, c’est important, je garde ”/ “Ça, c’est inutile maintenant, je bloque”). Ce n’est pas un choix, c’est subi, y compris pour la personne.
- L’impulsivité n’est pas l’agressivité :
La réactivité ne signifie pas que la personne avec TDA/H a une intention agressive. Le défaut d’inhibition empêche les freins naturels de s’exercer. Ainsi, l’émotion traverse de manière fulgurante. Enervé soudainement, « j’ai envie de claquer la porte » et ça peut passer immédiatement … ou pas. L’émotion trop grande se lit dans le ton et/ou la gestuelle. C’est involontaire. Faites-le remarquer une fois l’émotion passée… si possible avec humour
- Je ne m’en fiche pas, mais j’ai un truc à dire :
Le coq-à-l’âne, ce n’est pas que dans l’assiette, c’est aussi dans la tête ! Le système cognitif du TDA/H inhibe difficilement ce qu’il a à dire. Il peut couper la parole, changer le thème de conversation et partir dans diverses directions. Sollicitez explicitement l’attention de la personne avec TDA/H ou attendez qu’elle ait finit son propos / sa tâche !
- Autorisez les détours, c’est leur chemin normal :
Les personnes avec TDA/H ont tendance à déborder du cadre par enthousiasme, pour explorer tous les possibles ou pour déconstruire-reconstruire. C’est la fonction « travail » de la rumination. Elles en font plus pour pouvoir, plus tard, dépenser moins d’énergie. En emploi, c’est une excellente manière pour optimiser les procédures.
- Soyez un bon chef : acceptez que votre salarié avec TDA/H comprenne de travers plus vite que tout le monde !
L’impulsivité conduit à l’impatience, et vice-versa. Cela mène à prédire, parfois à tort, la fin des phrases, ce qui va se passer, etc. « On a compris trop vite donc on s’ennuie », et vice-versa. Permettez à la personne avec TDA/H de corriger ses incompréhensions.
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L’hyperactivité
Le cerveau TDA/H est-il comme un volcan en éruption ?
L’activité motrice ou intellectuelle permet de faire des choses difficiles. Elle apaise aussi la perception de contrainte, si difficile à traiter pour le cerveau TDA/H. Le besoin de bouger est donc important. S’il y a trop ou trop peu de mouvement, la fatigue s’installe et fragilise les autres fonctions cognitives, émotionnelles. Quand le volcan des pensées entre en éruption, des troubles du sommeil s’installent parfois, ce qui peut avoir un impact sur l’efficience professionnelle : plus rien ne marche, c’est la confusion et il y a moins de filtres.
- Savourez les moments où le « Le dynamisme est naturel » :
La personne avec TDA/H devient alors un.e superhéros et fait 12000 tâches à la suite et à la fois. Mais n’en abusez pas !
Les personnes avec TDA/H ont des pics de stimulation et d’enthousiasme, qui peuvent être utiles en emploi (parler à l’oral, formation…). Attention toutefois à respecter la limite, sinon ça craque. Et tout comme un volcan, une fois que la personne a atteint son pic d’hyperactivité, l’épuisement apparait.
- Autorisez et incitez la sieste au travail :
Les pauses récupératrices et les micro-pauses aident le cerveau TDA/H à sortir de l’état de fusion. Le résultat et la communication n’en seront que meilleures. Il est possible d’utiliser des outils de visualisation de la fatigue (montre, fatigomètre, etc.).
- Dirigez la personne avec TDA/H vers une autre tâche en cas de fatigue :
Aidez la personne à s’extraire d’un moment de frustration, d’ennui ou de fatigue, en proposant une activité sans pression, sans enjeu, mais stimulante. Sinon, gare à vous, il y a un risque d’explosion volcanique !
- L’agitation permet la concentration, qui canalise l’hyperactivité… à la juste dose :
Installez des PC sur des tapis de marche pour les tâches peu stimulantes, donnez des repères temporels clairs, autorisez la personne à écouter de la musique (casque), à marcher, danser… Suggérez l’usage de Fidget®. L’agitation pouvant gêner les autres ou éparpiller la personne avec TDA/H, choisissez bien les outils de travail : évitez les stylos qui font clic-clic !
- Recentrez avec bienveillance :
L’hyperactivité mentale implique que la personne avec TDA/H peut avoir 18 sujets ouverts en même temps dans son esprit. Cela peut devenir une embrouille discursive. Le discours et le travail partent dans tous les sens sous l’effet de l’enthousiasme. Cadrez la parole de la personne avec TDA/H, avec calme et bienveillance.
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Les fonctions exécutives
Une capacité d’organisation hors-norme (= qui ne suit aucune norme) ?!
Les fonctions exécutives concernent l’ensemble des processus permettant d’organiser une suite d’actions vers un but. Elles englobent l’initiation de l’action, sa planification, son organisation, l’inhibition de schémas automatiques, la gestion du temps, etc. Le TDA/H fragilise certaines de ces fonctions, il est ainsi difficile pour les personnes de suivre avec rigueur une séquence, de l’organiser en étapes ou de s’auto-discipliner. En revanche, le TDA/H facilite d’autres fonctions exécutives, comme la créativité, le raisonnement inductif, la gestion de la variété. Les personnes ont alors une bonne réactivité et de la facilité avec ce qui stimule.
- Explicitez le résultat à atteindre et laissez libre la méthodologie :
Les procédures visent à atteindre un objectif. Mais, il y a plusieurs façons d’arriver à ce but. La personne avec TDA/H a besoin de clarté sur l’objectif. Partez du résultat que vous voulez obtenir, ne donnez pas la procédure, elle ne sera pas suivie.
- Allégez les procédures inutiles :
Les personnes avec TDA/H font le boulot, mais pas comme il leur est demandé. Les procédures inutiles et la rigidité procédurière engendrent tensions et frictions. Plus il y en a, plus il y a de chance d’inachevé. Les limiter, c’est un gain de temps phénoménal pour tout le monde.
- Adaptez les délais :
Les personnes avec TDA/H ont besoin de délais ni trop courts ni trop longs. Permettez le retard raisonnable.
- Flexibilisez les horaires (et la rémunération ?) :
A chacun son rythme. Les personnes avec TDA/H sont particulièrement efficientes lors des pics de stimulation, qui sont peu prévisibles. Si compatible avec l’entreprise et les besoins de la personne, rémunérez à la tâche faite, plus qu’au temps de travail. Et clarifiez pour les collègues.
- Fait, c’est mieux que parfait !
Vous voulez gagner en flexibilité sur votre organisation, demandez à votre collègue avec TDA/H d’exercer sa capacité à penser hors-cadre. Donnez le droit à l’imperfection et à la possibilité de se corriger. Cela peut apporter une ouverture d’esprit au sein de l’entreprise.
- Utilisez les atypicités des collègues avec TDA/H à bon escient :
Tous les problèmes bizarres seront stimulants, l’ennui vient de la répétitivité. Champions pour démarrer en trombe un sujet compliqué ou un projet créatif (initiation de l’action), le cerveau de la personne avec TDA/H devient inefficace lors de sa finalisation (découragement à finir, qui est une réelle souffrance). Passez alors le relais à un collègue motivé.
- Structurer un peu (mais pas trop) l’environnement de travail :
S’il y a plus de deux actions à effectuer pour chercher une information, elle ne sera pas trouvée. Les informations et outils de travail doivent être visibles au premier coup d’œil et facilement accessibles. La gestion du temps et de l’espace reste fragile pour les personnes avec TDA/H, d’où les potentiels retards par exemple. Cadrez tranquillement et sans jugement.
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Et aussi :
La pensée TDA/H ressemble-t-elle au bouquet final d’un feu d’artifice ?
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La pensée de type divergent … les détails et la créativité
Il y a la pensée de type convergent, qui suit un chemin vers une direction, de façon linéaire. Et il y a la pensée de type divergent (parfois nommée arborescent), qui n’a pas de centre et qui explore toutes les directions. En résumé, il y a l’autoroute et il y a la multitude de petits chemins autour de l’autoroute. Par exemple, à partir de cinq ingrédients de cuisine, la pensée convergente va détailler les étapes d’une recette quand la pensée divergente va trouver dix recettes possibles.
Si on peut avoir l’un ou les deux types de pensée, celle des personnes avec TDA/H foisonne plus intensément et perpétuellement. Ce foisonnement de directions explorées, riche de détails, augmente les chances de trouver des solutions atypiques et fonctionnelles. C’est ce que l’on nomme : la créativité. Le revers de la médaille : beaucoup de détails augmente le risque de s’y perdre. Et quelle fatigue cognitive !!
Un aménagement utile en emploi : Profitez de la créativité, canalisez l’éparpillement, éventuellement avec des supports visuels … Face à de bons problèmes, les personnes avec TDA/H sont douées pour trouver des solutions parfois inattendues.
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Les émotions
Les personnes avec TDA/H peuvent avoir leurs vécus à fleur de peau. Il y a une labilité émotionnelle, c’est-à-dire une irruption d’émotions avec une intensité et une rapidité peu communes. Le vécu d’injustice, de découragement, la colère, viennent très vite. Des réflexions peu ajustées peuvent induire ces émotions et générer des tensions ou des distanciations. Par exemple, beaucoup de personnes avec TDA/H ont reçu des dévalorisations face à leurs difficultés d’apprentissage scolaire.
Un aménagement utile en emploi : Une communication authentique, franche… Enoncez calmement et sincèrement ce qui doit être dit, les besoins, les limites. Gagnez en indulgence sur vos propres erreurs pour mieux accueillir celles des autres. Nous faisons tous des erreurs, les personnes avec TDA/H parfois plus que les autres, elles ont besoin de votre compréhension.
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La communication
Les personnes avec TDA/H ont l’art de la dérive conversationnelle. Les liens logiques se font dans la tête et pas toujours dans l’échange, les solutions peuvent arriver avant l’énonciation du problème. L’intention de communication n’est pas la même que ce qui est attendu, elle peut paraitre décalée. Les personnes avec TDA/H peuvent donner l’impression de ne pas écouter… parfois, elles écoutent.
Quelques aménagements utiles en emploi :
En réunion : structurez avec un visuel clair et synthétique, proposez un préambule pour que chacun prenne connaissance des documents et prépare son travail, aidez la personne avec TDA/H à se recentrer sur la thématique de l’échange en cas de digression.
Lors des échanges informels : comme chacun, les personnes avec TDA/H ont besoin de se sentir écoutées, même en cas de dérive ou d’absence.
Et de façon générale : si la personne semble ne pas écouter, vérifiez son attention et répétez tranquillement votre propos.
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La fatigabilité
Les personnes avec TDA/H sont comme des bougies qui brillent fort et ne tiennent pas longtemps, au contraire de l’ampoule. La concentration, l’organisation, la contrainte, la patience sont coûteuses, elles sont pourtant nécessaires partout… La pile d’énergie se vide donc beaucoup plus vite et peut mettre du temps à se recharger.
Un aménagement en emploi : Aménagez des espaces de repos, autorisez des pauses régulières et les siestes au travail. Mettez à disposition un outil de visualisation de l’énergie. Quand la pile est à plat, « la personne que vous essayez de joindre n’est pas disponible actuellement » !
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Annexe 1 :
Conseils en vrac pour aménagements pratiques : Les Mantras de l’Employeur
En tant qu’employeur, selon mes possibilités, voici quelques mantras à adopter :
Face aux difficultés de concentration :
- L’information, je condenserai
- Les oublis, je tolèrerai
- La concentration, quand elle est là, j’honorerai
- La distractibilité, avec délicatesse, je recentrerai
Face à l’impulsivité :
- Le calme, je garderai
- Les détours et interruptions, je permettrai
Face à l’hyperactivité :
- La gigote, je faciliterai
- Les moments de multi-tâches, je savourerai
- Vers une tâche stimulante, j’orienterai
- La sieste au travail, j’inciterai
Face à la fragilité exécutive :
- Avec grâce et bienveillance, je recentrerai
- Le résultat, je privilégierai
- Les procédures inutiles, j’allègerai
- Les délais et horaires, je flexibiliserai
- A juste dose, je structurerai
Et pour tout le reste :
- Des outils de travail qui fonctionnent, je chercherai
- Pour une communication claire, franche, efficace, j’opterai
- Avec mes salarié.e.s ayant un TDA/H, des aménagements, je discuterai
- La bienveillance et la tolérance, je déploierai.
Un dernier pour la route :
Afin que les clivages se tassent et que les partenariats en équipe se fassent :
Le droit à l’imperfection pour soi et autrui, je cultiverai.
Le TDA/H est un handicap, pas forcément visible !
Pour télécharger le PDF / Réalisé avec Canva par Framboise M., cliquez ici : https://www.estellejoguet-psychologue.fr/wp-content/uploads/2025/09/CONSEILS-EN-VRAC-POUR-AMENAGEMENTS-PRATIQUES-.pdf

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Annexe 2 :
Récap cognitif des forces et fragilités des personnes avec Tda/h en emploi
Pour télécharger le PDF / Réalisé avec Canva par Framboise M., cliquez ici : https://www.estellejoguet-psychologue.fr/wp-content/uploads/2025/09/2-RECAP-COGNITIF-DES-FORCES-ET-FRAGILITES.pdf

Je viens d’être diagnostiquée TDAH à 78 ans. La lecture de ce document décrit ma vie au travail et m’apporte un apaisement car mon comportement était souvent différent des autres et cela m’a été souvent reproché. Malgré cela, et finalement, j’ai pu évoluer positivement dans mon entreprise (un multinational) jusqu’à ma nomination comme manager. Gérer et surtout évaluer les autres m’était difficile jusqu’à mon dernier poste ou j’ai du créer une nouvelle entité. Je me suis régalée avec des jeunes recrues qui acceptaient ma différence car ils n’étaient pas empreintes avec la culture de l’entreprise et nous avons réussis. Je suis partie à la retraite comblée. L’utilisation de ma différence a été bénéfique et je ne remercierai jamais assez mon dernier patron d’avoir eu confiance en moi et de m’avoir donné cette chance.
Bonjour,
Merci beaucoup pour votre témoignage qui, j’espère, sera lu et apportera à d’autres personnes concernées un peu d’espoir pour leur avenir professionnel.
En vous souhaitant du bon.
Bien à vous, Estelle Joguet