Foire Aux Questions
Vous trouverez ci-dessous une liste de questions qui me sont souvent posées, vous y trouverez des réponses pour chacune. Pour ce faire, vous pouvez cliquer sur la question qui vous intéresse ou sur la petite croix correspondante.
Pour toute autre question que vous souhaitez me poser ou voir apparaitre dans cette liste, contactez moi par mail : estellejoguet@yahoo.fr
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Pourquoi engager une démarche de bilan ou une démarche diagnostique, notamment à l'âge adulte ?
La démarche de bilan et la démarche diagnostique permettent de mieux comprendre son fonctionnement, de mettre des mots sur un vécu douloureux et d’accéder à des aménagements adaptés, notamment dans le cadre du travail ou de la vie quotidienne. Pour le bilan intellectuel, cela permet parfois d’expliquer certaines habiletés particulières. Le bilan est une étape importante pour favoriser la compréhension de soi et l’inclusion. Toutefois, elle ne suffit pas. Même si un diagnostic est posé, il reste utile de fournir un travail d’introspection qui aide à cheminer dans sa vie. De plus, attention, toute difficulté de vie ou toute vulnérabilité ne signifie pas qu’il y ait un trouble. Parfois, la souffrance peut être liée à un contexte ou une histoire de vie qui nécessitent d’être éclairés et compris. En ce sens, la psychothérapie sera plus ajustée qu’une démarche de bilan. Il en est de même pour les enfants et adolescents.
Les catégories et troubles psychologiques sont-ils bien représentés sur Internet et les réseaux sociaux ?
Sur internet, les catégories psychologiques peuvent être bien représentées. D’autres fois il y a des informations erronées. Il existe aussi une simplification de la complexité de concepts psychologiques. Cette simplification est liée aux processus d’internet. Voici quelques exemples de ce qui se passe en ligne :
- L’information vraie et l’information simplifiée / déformée peuvent se présenter sous la même forme, il peut être difficile de faire le tri.
- L’information est simplifiée par rapport à la réalité complexe de notre fonctionnement Humain.
- Toutes les conditions psychologiques ne sont pas représentées de la même façon sur internet : certains troubles sont plus représentés que d’autres, certains sont peu vulgarisées, etc.
- L’objectif sur internet est souvent (pas toujours) de faire des vues, ce qui peut impacter la façon dont l’information est transmise ou mise en avant.
- Lorsque l’on regarde des contenus en ligne, il y a des biais de confirmation, ce qui signifie qu’on a tendance à voir d’autres contenus qui renforcent notre idée de départ. Ces biais de confirmation ont tendance à transformer en certitude des hypothèses que nous avons au départ sur notre fonctionnement.
Autrement dit : L’on ne peut pas désolidariser l’information d’une part, du support sur lequel elle est transmise d’autre part. Il est donc nécessaire d’être prudent dans la façon dont on scrolle sur internet et dans la façon dont on investit ce qu’on y lit. Pour nous professionnels, il est important de veiller à une vulgarisation aussi nuancée et précautionneuse que possible.
Qu’est-ce qu’un TND Trouble du Neurodéveloppement ?
TND signifie Trouble du Neurodéveloppement. Dans les TND, très tôt dans le développement, le cerveau / le système cognitif fonctionne selon des schémas d’activation différents par rapport à ce qui est habituel. Les TND apparaissent donc dès la petite enfance et affectent les fonctions cognitives, les apprentissages, la motricité, la communication ou les interactions sociales. Plusieurs signes cliniques (= symptômes) doivent être présents dès l’enfance et avoir un impact fort sur le fonctionnement. Les symptômes ne doivent pas être mieux expliqués par une autre condition psychologique ou par un autre trouble.
Parmi les TND, l’on retrouve plusieurs catégories dont : TSA (trouble du spectre de l’autisme), TDA/H (trouble déficit d’attention / avec ou sans hyperactivité), TDC (trouble développemental de la coordination), TCS (trouble de la communication sociale – pragmatique), troubles spécifiques des apprentissages, troubles moteurs.
Le diagnostic différentiel avec un autre trouble psychologique, avec une difficulté de vie ou autre chose est important. Le diagnostic différentiel vise à réfléchir à l’ensemble des troubles pouvant expliquer les symptômes, afin de clarifier celui qui les explique au mieux.
Dans une démarche diagnostique, quelle est la différence entre repérage, dépistage et diagnostic ?
Ces trois étapes constituent une démarche progressive.
- Le repérage : Détection des signaux d’alerte, des décalages de développement ou des particularités comportementales observés au quotidien par l’entourage, l’école, le médecin de famille, etc.
- Le dépistage : Utilisation d’outils et de questionnaires étalonnés par des professionnels formés pour évaluer le niveau de risque et confirmer la nécessité d’orienter la personne / l’enfant vers des bilans approfondis. Ces outils et questionnaires sont utilisés en complément d’entretiens.
- Le diagnostic : Démarche médicale et pluridisciplinaire rigoureuse combinant entretiens cliniques, échelles standardisées et coordination, afin d’aboutir à une conclusion basée sur les classifications internationales (DSM-V-TR, CIM-11). Parfois, la démarche diagnostique conclue à un trouble. D’autres fois, elle conclue à une souffrance psychique qui ne s’inscrit pas nécessairement dans un trouble.
Qui pose le diagnostic de TND (TSA, TDA/H, …) et pourquoi ?
Le diagnostic de TSA ne peut être posé que par un médecin, le plus souvent un psychiatre ou, pour les enfants et adolescents, un pédopsychiatre ou un neuropédiatre. Ce médecin encadre le bilan et coordonne la démarche. Il rencontre les personnes avant et après les bilans. Pour conclure au diagnostic, il s’appuie généralement sur une synthèse d’évaluations réalisées par des professionnels (psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes, orthophonistes, etc.).
Si les bilans, notamment psychologiques, permettent d’explorer certaines hypothèses diagnostiques, ils ne suffisent pas à y conclure. Seul le médecin (pédo)psychiatre ou neuropédiatre est habilité à encadrer la démarche diagnostique et à poser le diagnostic définitif.
Quelles sont les étapes pour un diagnostic de TND (TSA, TDA/H) ?
- Pour les adultes (plus de 16-18 ans) : Il est nécessaire de consulter en premier lieu un psychiatre, soit en cabinet libéral, soit dans le Centre Médico-Psychologique (CMP) de votre secteur ou toute autre structure habilitée. C’est ce médecin qui coordonne la démarche, valide la pertinence de la piste diagnostique, oriente vers les bilans et conclue sur le plan diagnostique.
- Pour les enfants et adolescents : Le parcours commence souvent par le médecin traitant, le pédiatre ou un médecin scolaire qui repère des signes d’alerte. Il peut ensuite orienter l’enfant vers une Plateforme de Coordination et d’Orientation (PCO) ou vers des structures de second niveau comme les CAMSP ou les CMPP. Ces structures disposent généralement d’une équipe pluridisciplinaire incluant un pédopsychiatre. Le médecin peut aussi orienter en libéral vers un (pédo)psychiatre, qui orientera éventuellement vers des bilans si cela est pertinent, avant de conclure sur le plan diagnostique.
- A tous les âges : Si le (pédo)psychiatre ne peut pas conclure, il peut alors orienter la famille ou la personne vers un centre d’expertise. Pour le TSA, par exemple, il s’agit du CRA Centre Ressource Autisme (dans le Nord-Pas-de-Calais : https://cra-npdc.fr/). Ces centres d’expertise reçoivent uniquement pour les diagnostics dits complexes (diagnostic différentiel difficile, troubles associés multiples, situation de désaccord) et sur orientation exclusive d’un médecin (psychiatre, pédopsychiatre ou neuropédiatre).
Les tests et questionnaires en ligne sont-ils fiables ? (HPI, TSA, TDA/H…)
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), aucun test ou auto-évaluation disponible sur Internet n’a de validité scientifique pour poser un diagnostic de TSA. Ils peuvent parfois être utile comme un point de départ pour une discussion avec un (pédo)psychiatre spécialisé. Certains questionnaires en ligne peuvent avoir une valeur de dépistage, ils n’ont pas de valeur diagnostique. Il en est de même pour l’ensemble des autres concepts psychologiques (HPI, TDA/H, etc.).
Le bilan va-t-il forcément confirmer l’hypothèse de départ (HPI, TSA, TDA/H…) ?
Parfois, le bilan confirme la piste explorée. Parfois, le bilan infirme la piste explorée. Parfois, le bilan ne permet pas de trancher ou apporte des arguments mitigés.
S’engager dans un bilan psychologique n’est donc jamais anodin. Il peut faire vivre des émotions inconfortables, voire douloureuses. Cela peut aussi apporter joie ou soulagement. Il est toujours une surprise et, pour les personnes, un parcours très courageux.
Je ressens une grande souffrance psychique : ai-je forcément un TND, comme un TSA ou un TDA/H ?
Non. Votre souffrance est réelle et légitime, mais elle n’est pas obligatoirement liée à un trouble du neurodéveloppement.
En tant qu’Humain, plusieurs facteurs nous déterminent : notre biologie et notre fonctionnement cognitif, notre histoire de vie, les événements que nous avons traversé et l’environnement dans lequel nous avons grandi, nos contextes actuels, la société dans laquelle nous évoluons, etc.
La souffrance psychique peut donc découler de multiples autres sources, elle est souvent plurifactorielle. De plus, en psychologie / psychiatrie, il existe de nombreuses catégories cliniques : troubles anxieux, épisode dépressif, traumas, troubles de personnalité, troubles psychotiques, etc.
Enfin, il existe de nombreuses conditions de vie qui peuvent conduire à une souffrance : un épuisement professionnel ou parental (burnout), des événements de vie douloureux, des difficultés relationnelles, un usage excessif des écrans (qui fragilise notre fonctionnement), etc. Vivre notre Humanité reste un chemin existentiel qui peut rester difficile.
Qu'est-ce que le Haut Potentiel Intellectuel (HPI) et quel est son lien avec les TND ?
Le Haut Potentiel Intellectuel (HPI) désigne une identification au test de QI. Il dit quelque chose des ressources intellectuelles, telles que mesurées par un bilan psychométrique (WAIS pour adultes, WISC pour enfants, WPPSI pour les petits). On parle de HPI quand le QI est égal ou supérieur à 130 (soit deux écarts-types au-dessus de la moyenne). Le HPI signifie donc avoir de bonnes ressources intellectuelles, l’intelligence ayant été définie ici comme une capacité d’adaptation. A noter aussi que l’intelligence est un continuum au sein de la population.
Point essentiel : Le HPI n’est ni un trouble, ni un diagnostic. HPI et TND sont donc indépendants, il n’y a pas de lien systématique.
Que faire si les conclusions du bilan ne confirment pas l'hypothèse (TSA, TDAH...) que j'avais envisagée ou que le médecin psychiatre avait envisagé ?
Quand les conclusions du bilan ne vont pas dans le sens de l’hypothèse de départ (et cela peut arriver), il est tout à fait légitime de ressentir de la déception, du désarroi ou de la frustration. Cela peut aussi donner le vécu d’être incompris. Ce vécu douloureux est parfaitement légitime et nécessite de s’interpréter avec prudence : il reflète le décalage entre hypothèse de départ et résultat final. Il n’invalide pas nécessairement les résultats du bilan. Cela signifie également que les difficultés, souffrances ou autres vécus douloureux que vous éprouvez sont explicables par d’autres raisons.
Ecarter une piste diagnostique peut apporter tout autant d’informations que de la confirmer. Cela encourage à chercher ailleurs, peut-être au sein d’un travail de psychothérapie. De plus, le bilan permet toujours de comprendre certains pans du fonctionnement, cette compréhension pouvant aider à mieux aménager sa vie. Enfin, un bilan ne peux pas être exhaustif, il ne décrit pas l’entièreté de la personnalité.
Est-il possible de faire un bilan HPE au cabinet ?
Non. Je ne pratique pas de bilan HPE (Haut Potentiel Emotionnel). Si le quotient émotionnel est étudié depuis plusieurs années, il n’existe pas – à ma connaissance – d’outil suffisamment validé et fiable qui permette de l’évaluation. Sur le modèle du HPI, si le HPE était défini, il concernerait la capacité à décoder et gérer ses propres vécus, ainsi que la capacité à décoder ceux des autres et à faire preuve d’empathie.
Vous trouverez de l’information sur les différentes notions en consultant mon article :
Dans les bilans TSA, l’ADI-R est-il proposé systématiquement chez l’adulte ?
L’ADI-R est un entretien parental que l’on propose dans les bilans pour investiguer un TSA. Il est composé de plus de 80 questions que l’on pose aux parents de l’enfant ou de la personne concernée. Les questions sont posées « en période actuelle » et pour la période de l’enfance (4-5 ans). Les questions prises en compte, pour l’indication diagnostique et pour le calcul des scores finaux, concernent pour beaucoup des questions de la petite enfance. L’objectif de l’ADI-R est donc de vérifier que les signes cliniques du TSA sont bien présents tels qu’attendus dans la trajectoire développementale (= dans la petite enfance).
Très utilisé dans les bilans TSA pour enfants et adolescents, l’ADI-R peut être moins valide chez les adultes, selon l’âge. Les questions posées étant très fines et très précises, il est nécessaire que les parents aient de très bons souvenirs de la petite enfance. Sinon, il peut y avoir un biais de mémoire important, qui fragilise la validité du test. A noter aussi que l’outil a été validé sur le discours des parents, non pas sur le discours de la personne concernée.
De ce fait, je ne propose pas systématiquement l’ADI-R chez les adultes ou je le propose de façon partielle. Si vous avez des questions sur l’outil, vous pouvez me contacter (estellejoguet@yahoo.fr).
Quelle différence entre évaluation diagnostique et évaluation fonctionnelle ?
L’évaluation diagnostique permet d’identifier une catégorie clinique, comme une étiquette qui résume les difficultés.
L’évaluation fonctionnelle permet d’estimer le fonctionnement des personnes. Elle sert à évaluer les forces, les difficultés et les besoins des personnes. En institution / structure, elle permet d’élaborer un projet d’accompagnement personnalisé.
Les outils utilisés pour chacune de ces évaluations peuvent être différents.
Comment fonctionne l'organisation des soins par « lignes » (1ère, 2ème et 3ème ligne) pour les TND ?
L’organisation des soins et du parcours diagnostique des TND en France repose sur une gradation en trois niveaux complémentaires :
- 1ère ligne (Soins de proximité) : Médecins généralistes, pédiatres, médecins scolaires, etc. Objectif : Repérer les signes d’alerte et orienter.
- 2ème ligne (Soins spécialisés) : Psychiatres, pédopsychiatres, équipes pluridisciplinaires (CMP, CAMSP, CMPP, PCO) ainsi que les professionnels libéraux coordonnés (psychologues, orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes). Objectif : Sur orientation et coordination par le (pédo)psychiatre, les professionnels paramédicaux effectuent les bilans pluridisciplinaires. C’est le médecin qui conclue sur le plan diagnostique.
- 3ème ligne (Expertise) : Par exemple, pour les TSA : Centres Ressources Autisme (CRA, dans le Nord-Pas-de-Calais : https://cra-npdc.fr/ / Connaitre les CRA et trouver celui de votre régión : https://maisondelautisme.gouv.fr/accueil/gncra/) et, plus généralement, centres experts hospitalo-universitaires. Rôle : Appui technique aux situations complexes. Ils interviennent exclusivement sur demande médicale pour les cas complexes, les diagnostics différentiels délicats, les situations d’impasse ou de désaccord.
Quelle est la différence entre psychologue, psychiatre, psychothérapeute et psychopraticien ?
Les psychiatres sont des médecins spécialistes de la santé mentale (études de médecine, Bac+10). Ils posent des diagnostics médicaux, prescrivent des traitements médicamenteux ou des arrêts de travail. Leurs actes sont remboursés par la Sécurité Sociale, au moins partiellement. Certains psychiatres peuvent aussi proposer des psychothérapies, qui visent à apaiser la souffrance psychique à travers des échanges et, parfois, des outils spécifiques.
Les psychologues sont titulaire d’un Master 2 universitaire en psychologie (université de psychologie, Bac+5). Ils sont formés à la compréhension du fonctionnement humain, réalisent des évaluations/bilans et proposent des suivis psychologiques. Ils ne prescrivent pas de médicaments. Les psychologues peuvent aussi proposer des psychothérapies, qui visent à apaiser la souffrance psychique à travers des échanges et, parfois, des outils spécifiques.
Les neuropsychologues sont des psychologues qui, en niveau Master, ont choisi une orientation vers la neuropsychologie. Les psychologues ont choisi une orientation vers la psychologie clinique (ou vers la psychologie développement ou la psychologie du travail, etc.).
Les psychothérapeutes sont des professionnels ayant un titre réglementé et protégé par la loi. Ce titre est réservé aux psychiatres, aux psychologues et aux professionnels ayant validé une formation théorique et pratique validée par l’Agence Régionale de Santé (ARS).
Les psychopraticiens sont des professionnels qui ont une formation dans une approche thérapeutique, sans toutefois avoir un diplôme universitaire ou médical.